Archive

Archive for novembre 2011

Sy Mamoudou, rescapé d’Inâl et auteur du livre « L’Enfer d’Inâl » : « Je n’ai de haine contre personne même contre celles qui m‘ont torturé. Mais, je suis assoiffé et j’ai faim de justice »

 

Sy Mamoudou, rescapé d’Inâl et auteur du livre "L’Enfer d’Inâl"

« Je remercie Dieu de m’avoir donné la vie aussi longue pour pouvoir assister à ce voyage. Je n’aurai jamais cru ou pensé, qu’un jour, je remettrai les pieds à Inâl. Grâce à Dieu, à votre volonté, à votre pugnacité, à votre persévérance, on est là aujourd’hui. Cela, comme l’a dit Maimouna Alpha Sy, est une victoire dans le combat pour le rétablissement des droits humains. C’est une victoire. C’est une première étape. J’espère qu’il va y avoir d’autres victoires dans ce sens-là.

Il y’a 21 ans, des choses se sont produites ici. Il y’a eu des gens qui ont saigné ce pays-là, en travestissant son indépendance, la date souveraine de ce peuple. Ces gens ont fait du tort à tout le monde. Ils ont fait du tort aux victimes. Ils ont travesti notre fête d’indépendance. Ce n’est plus une fête. Ils ont causé du tort à leurs propres enfants, aux enfants des victimes. J’aime bien à le répéter pour que ce soit entendu par tous : on est tous d’accord que les gens sont responsables de leurs actes et que les enfants des tortionnaires ne sont pas comptables des actes de leurs parents. Donc, si, quelqu’un est indexé soi-disant : ça, c’est le fils du traître ou de l’assassin, lui, il n’y est pour rien et il n’est pas comptable de l’acte qui a été commis par son père.

On a blessé tous les mauritaniens et aujourd’hui, il y’a trop de remontée à la surface des scènes que nous avons vécues à Inâl.  Je ne peux pas dire que je suis heureux, que je suis joyeux. Non pas du tout ! Il ne s’est pas passé une nuit ici, il ne s’est pas passé un jour ici, il ne s’est pas passé une seconde ici, sans qu’on entend des cris, des pleurs où voir quelqu’un qu’on trainait parce qu’il était mort.

Ça s’est passé du mois de novembre jusqu’au mois de décembre, le temps qu’on a passé ici. On est arrivé ici à 250 personnes et il en est reparti d’ici seulement 96 personnes. Les 154 personnes sont restées là. Donc, je ne peux pas dire que revenir aujourd’hui ici, ça me fait plaisir, pas du tout. Mais je me réjouis de voir qu’il y’a des maures, des haratines, des halpoulars, des soninkés et des wolofs ici. Il y’a tout le monde ici. Ça veut dire qu’on peut reconstruire quelque chose ensemble si l’on veut. Ça, c’est un groupe qui ne fait pas peut être cent ou trente personnes. On dira que cela ne représente rien par rapport à la Mauritanie. C’est le pas qui a été franchi qui est important. Le baobab, il est grand mais c’est une petite graine qu’on enterre et qui le fait pousser.

Donc, aujourd’hui on a semé ça, qui sait qui verra les récompenses de la moisson, peut être que ce sera nous, si on a de la chance, sinon nos enfants en bénéficieront. Je souhaiterais que cette action que nous venons de faire puisse contribuer à la solidarité nationale. Et il ne peut pas y avoir de cohésion véritable, si ce problème là n’est pas lavé. Il faut qu’on passe sur ce problème et qu’on éclaircisse ce qui a été fait, qu’on se dise la vérité. Les responsables qu’ils soient indexés. S’il y’a des sanctions à faire qu’ils soient sanctionnés. Mais sanction ne veut pas dire vengeance. On n’a pas besoin de vengeance. On n’est pas là pour la haine. On ne déteste personne. Moi, personnellement, je n’ai de haine contre personne, même contre les personnes qui m‘ont torturé. Mais je suis assoiffé et j’ai faim de justice.

Je voudrais que la victime puisse venir ici librement se recueillir sur le lieu sans avoir à subir tous les contrôles lorsqu’on venait ici. J’admire votre courage, j’admire cette ténacité parce que vous avez bravé les barrières des policiers, des gendarmes. Rien ne vous a découragé et vous êtes venus jusqu’à là.  Il faut que cela puisse se reproduire chaque fois et que nous soyons encore plus nombreux les années suivantes.

Je reviendrai sur un petit détail, mais je ne reviens pas sur le 28 novembre pour ne pas ouvrir certaines blessures. Ce qu’il faut savoir, c’est que les gens ont tous rasé ici, il n’y a plus rien. Ces digues que vous voyez là-bas, il y’a des briques cassées qui constituaient la caserne. Ils ont tout poussé pour en faire un terrain de football. Mais c’est la qu’il y’avait la caserne, la base. Ils ont tout démoli pour que la mémoire ne reste pas. Mais avec des gens comme vous, il faut être sûr que rien ne sera oublié. Rien ne sera oublié ne veut pas dire que rien ne sera pas pardonné. Ça peut se pardonner parce que nous avons une chose en commun. Nous avons une patrie  commune.

Aujourd’hui, le fait de voir ici des maures qui ne sont pas là pour torturer, le fait de voir des harratines qui ne sont pas là pour torturer, le fait de voir tout le monde là pour se donner la main et réclamer justice, ça me va droit au cœur. Je vous remercie au nom de tous ceux qui sont couchés autour d’ici. »

Toute reprise d’article ou extrait d’article devra inclure une référence à www.info2larue.wordpress.com

Publicités
Catégories :A la Une

La COD commente et analyse les résultats du dialogue

Me Mahfoudh Ould Bettah (micro), président en exercice de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD)

On se souvient qu’après « l’élection » présidentielle de Juillet 2009, l’Opposition réunie au sein de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), avait appelé à l’instauration du « Dialogue Inclusif » prévu par l’accord paraphé à Dakar et signé à Nouakchott le 4 Juin 2009, par les trois pôles réunis sous la supervision de la Communauté Internationale ( FNDD, RFD et le pôle de Mohamed Ould Abdel Aziz.).

L’Accord de Dakar disait : « Cet accord ne met pas fin à la poursuite du dialogue national sur les autres points qui peuvent renforcer la réconciliation nationale et la démocratie. Dans le prolongement de l’élection  présidentielle, le dialogue national inclusif sera poursuivi et intensifié entre toutes les forces politiques mauritaniennes, en vue notamment:

– Du renforcement des assises et de la pratique de la démocratie pluraliste, ainsi que de la prévention des changements anticonstitutionnels de gouvernement ; y compris la réforme des institutions nationales de sécurité ;

– De la promotion de la bonne gouvernance politique et économique, de l’Etat de Droit et du respect des Droits de l’Homme ; de l’élaboration et de l’adoption des réformes susceptibles de renforcer le bon fonctionnement et l’équilibre des institutions de la République (…) »

La réponse du Président, Mohamed Ould Abdel Aziz, fut alors par la voie de l’un de ses porte-parole, que l’Accord de Dakar avait pour seul objet l’élection présidentielle ; celle-ci étant achevée, le nouveau régime issu de cette élection n’était en rien concerné par l’Accord de Dakar.

C’était avouer la supercherie : l’Accord de Dakar n’était en réalité pour le Président élu qu’un leurre destiné à faciliter la légitimation par un scrutin, de Mohamed Ould Abdel Aziz qui, d’officier putschiste, devenait un président de la république « démocratiquement élu »

L’Opposition était dès lors fondée à craindre que l’appel au dialogue, sans référence à l’Accord de Dakar, que Mohamed Ould Abdel Aziz a fini par lancer, sous la pression des révoltes populaires récentes intervenues en Afrique et dans le Monde Arabe et du mécontentement généralisé et manifeste du peuple mauritanien, ne fût, lui aussi, une nouvelle supercherie.

Malgré cela, nous avons, au sein de l’Opposition Démocratique, continué à considérer que notre responsabilité en tant qu’acteurs politiques, la sécurité du pays et la paix civile, nous imposaient de privilégier le dialogue comme la meilleure voie pour sortir le pays de la crise multiforme où il se trouve empêtré.

Encore fallait-il que ce dialogue eût pour objet la refonte globale de l’Etat par la reconstruction de ses fondements politiques et institutionnels sur des bases véritablement démocratiques, de sorte que soit rendue possible l’alternance pacifique au pouvoir, que soit garanti le pluralisme politique instauré par la Constitution, qu’émerge enfin un Etat de Droit marqué par la justice sous toutes ses formes, l’égalité des chances entre tous et la transparence politique et économique.

Un tel dialogue, s’il est sérieux, ne peut se contenter de replâtrage sans effet sur la pratique démocratique, ni de retouches sans signification au regard de la réforme globale du système de gouvernance.

L’expérience amère vécue par le passé nous enseignait cette fois que, pour rétablir la confiance entre les partenaires à un tel dialogue, il incombait au Pouvoir, en charge de tout et responsable de tous, de donner des gages convaincants de sa bonne foi et des signes patents et significatifs de ses bonnes dispositions.

Le refus de toute mention à l’Accord de Dakar, la répression continue et féroce des manifestations pacifiques,dénonçant les conditions de vie dramatiques des populations et les anomalies du recensement, la monopolisation continue des médias d’Etat, l’instrumentalisation politique outrancière de l’Administration, l’accélération de la dilapidation systématique des richesses et biens du pays, la domestication manifeste de l’autorité judiciaire, la politisation constante de l’ Armée et des Forces de Sécurité, la persistance enfin à n’envisager le dialogue que comme une simple rencontre de convenance entre l’Opposition et une majorité n’ayant ni pouvoir de décision, ni autorité de garantie, telles furent les réponses apportées par le Chef de l’Etat à nos justes revendications.

On peut alors aisément comprendre pourquoi, dès l’abord, nous avons refusé de participer à ce qui ne pouvait être qu’un faire-valoir abusivement qualifié de « Dialogue National entre la Majorité et l’Opposition », alors qu sur les 13 Partis et mouvance qui constituent la COD, trois seulement ont répondu à l’appel du Pouvoir.

                                                              o-o-o-o-o

Dans le Communiqué rendu public le 13 Septembre 2011, nos dix mouvements ont réitéré leur disponibilité à participer à « un dialogue sérieux, dès que les conditions s’en trouveront réunies et les préalables établis » ; de même nous avons affirmé « notre disponibilité à évaluer les choses et à les réexaminer, chaque fois qu’une avancée significative se sera produite dans la prise en considération des conditions préalables énoncées par nous ».

Le dialogue développé entre trois partis de la COD et la majorité de Mohamed Ould Abdel Aziz, vient de s’achever après plus d’un mois de débats.

Quels en sont les résultats ? Et quel est l’intérêt de ces résultats au regard des six thématiques convenues entre les parties à ce dialogue ? Voilà ce que nous allons examiner maintenant afin d’éclairer l’opinion publique nationale et de fournir aux observateurs étrangers, les éléments nécessaires à une juste et réaliste appréciation des choses.

Analyse et Commentaire des Résultats du dialogue intervenu du 17 Septembre au 19 Octobre 2011 entre la Majorité Présidentielle et Trois des Partis de la COD

I. « Unité nationale et cohésion sociale »

Sur ce point, nous ne trouvons absolument rien de concret ou de nouveau par rapport aux dispositions actuelles de la Constitution :

Article 1er : « La Mauritanie est une république islamique indivisible, démocratique et sociale. La République assure à tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de condition sociale, l’égalité devant la Loi. Toute propagande particulariste, de caractère racial ou ethnique est punie par la Loi. » ;

Article 5 : « L’Islam est la religion du Peuple et de l’Etat » ;

Article 6 : « Les langues nationales sont l(Arabe, le Pulaar, le Soninké et le Wolof. La langue officielle est l’Arabe » ;

Article 10 : « L’Etat garantit à tous les citoyens les libertés publiques et individuelles, notamment : (…) la liberté d’opinion, la liberté d’expression (…) la liberté de création artistique et scientifique ; la liberté ne peut être limitée que par la Loi ».

Quant au « caractère multiculturel de notre peuple », au « droit à la différence » et à « la promotion et le développement de nos langues nationales », c’est seulement par l’enracinement de la démocratie et sa pratique quotidienne que nous serons tous amenés à considérer nos spécificité culturelles comme un patrimoine commun et que chacun d’entre nous pourra exprimer, sans entraves, cette spécificité et exercer son droit à la différence.

Ni dans ce chapitre ni dans les suivants, nous ne relevons quoi que ce soit de significatif et de concret en matière de réforme démocratique, de nature à traduire dans les faits cette orientation.

Concernant l’esclavage et ses séquelles point de propositions concrètes, propres à réformer la gouvernance et à traduire en actes les lois prises dans ce domaine comme par exemple :

– La qualification juridique exacte des pratiques esclavagistes ;
– L’énoncé des mesures économiques, culturelles et sociales déduites d’une discrimination positive en faveur des Haratines et des Adwabas.

Par ailleurs, sont passés entièrement sous silence le problème des déportés et du passif humanitaire, celui de la sécheresse et de la désertification, ceux des conditions de vie devenues si difficiles des citoyens, toutes choses dont l’impact sur l’unité nationale et la cohésion sociale est évident.

Analyse et Commentaire des Résultats du dialogue intervenu du 17 Septembre au 19 Octobre 2011 entre la Majorité Présidentielle et Trois des Partis de la COD

II. « Le renforcement de la démocratie, réforme de la justice, audiovisuel et statut de l’opposition »

2.1 Renforcement de la démocratie :

– Séparation des pouvoirs : aucune proposition de nature à corriger la situation actuelle de marginalisation du Parlement et de domestication de l’autorité judiciaire.

– Au sein de l’exécutif, la seule proposition, qui n‘apporte d’ailleurs rien de fondamentalement nouveau, est que la déclaration de politique générale du Premier Ministre devant le Parlement est soumise au débat et au vote de celui-ci ; les deux notions de responsabilité du Premier Ministre devant le Parlement et de motion de censure vis-à-vis du Gouvernement sont déjà prévues respectivement à l’article 43 et aux articles 74 et 75 de la Constitution.

Quant au renforcement, indispensable au sein de l’exécutif, des pouvoirs du Premier Ministre et du Gouvernement par des modifications constitutionnelles importantes relatives à la détermination et à la conduite de la politique de la Nation par le Premier Ministre, aux attributions de celui-ci, du Conseil des Ministres et des Ministres en matières de pouvoir réglementaire, de nomination aux emplois civils et militaires, de suppléance du Président de la République absent par le Premier Ministre, des relations constitutionnelles directes entre le Premier Ministre et le Gouvernement avec les Assemblées, rien de tout ceci n’est évoqué.

Si bien que le « super présidentialisme » n’est en rien modifié.

– Le Conseil Constitutionnel : rien n’est proposé pour diminuer l’emprise du Président sur cette institution constitutionnelle, sensée être indépendante et souveraine.

La seule mesure proposée et qui porte à neuf au lieu de six le nombre des conseillers, lesquels continuent d’être nommés dans les mêmes proportions par le Président de la République et les Présidents des deux Assemblées (4-3-2), aura pour effet de renforcer davantage encore l’emprise du Président de la République sur le Conseil Constitutionnel.

Pour nous, l’objectif aurait du être, après modification de la composition du Conseil par introduction de membres désignés par le Premier Ministre, la Magistrature, l’Ordre National des Avocats en sus de ceux nommés par le Président de la République et les Présidents des Assemblées, de rendre ce Conseil réellement souverain et totalement indépendant des injonctions du Chef de l’Etat du moment, son Président étant élu en son sein.

Ainsi par exemple sera évitée la répétition de l’incongruité que l’on a pu observer il y a deux ans lorsque, sur injonction du Président et au mépris de la souveraineté nationale qu’il symbolise, le Conseil s’est vu successivement convoqué et instruit sur le sol de la République par deux Chefs d’Etat étrangers.

Analyse et Commentaire des Résultats du dialogue intervenu du 17 Septembre au 19 Octobre 2011 entre la Majorité Présidentielle et Trois des Partis de la COD

2.2 Réforme de la Justice :

La seule chose envisagée, sans précision du reste, est une « révision de la composition et du fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature »

Quelle composition, quelle présidence en conformité avec le principe de la séparation des pouvoirs exécutifs et judiciaires ; quelle représentation des magistrats, des avocats et de personnalités choisies en dehors des ordres parlementaire et judiciaire, voilà ce qui n’a guère préoccupé le « Dialogue National ».

Comme ne l’a préoccupé en rien la réforme de l’autorité judiciaire, du statut de la magistrature, ou la perspective de la création d’un Conseil d’Etat pour connaître, en dernier recours, des litiges administratifs et réguler et mettre en cohérence les normes réglementaires.

2.3 Audiovisuel public :

Ici, la notion même d’Opposition est édulcorée, puisque l’on se base sur une règle qui défie le bon sens, à savoir que la présence de l’Opposition au sein de l’organe dirigeant de la HAPA est proportionnelle à sa présence à l’Assemblée Nationale, où, en tant qu’Opposition, elle est par définition minoritaire ; si bien que le choix des directeurs de la Télévision et de la Radio demeure, de facto, à la discrétion du Pouvoir.

Même si la précision relative au quota de temps d’antenne réservé à l’opposition est une innovation, l’usage établi est pourtant que l’opposition et la majorité ont a égalité accès aux médias publics, une fois déduit le temps nécessaire au Président de la République et au Gouvernement pour des interventions non politiques.

Cette notion est également édulcorée à partir de la même vision, lorsque l’on donne à l’opposition un tiers du temps d’antenne, le reste, allant au pouvoir et à sa majorité ; on peut d’ailleurs faire confiance à ceux-ci et à la majorité qu’ils détiennent au sein de l’organe dirigeant de la HAPA, pour que ce tiers soit situé aux heures de moindre audience.

Aucune référence, par contre, aux discussions intervenues il y a quelques mois entre la COD et la HAPA et qui évoquaient, entre autres réformes, la suppression pure et simple, du Ministère de l’Information.

Aucune référence non plus aux modalités de libéralisation de l’audiovisuel, ni à l’encouragement de la presse en général, dans le cadre d’une déontologie convenue.

Analyse et Commentaire des Résultats du dialogue intervenu du 17 Septembre au 19 Octobre 2011 entre la Majorité Présidentielle et Trois des Partis de la COD

2.4 Statut de l’Opposition :

Ici, le seul objectif visé semble être le remplacement du Président actuel de l’Institution de l’Opposition Démocratique.

Ce poste revenant nécessairement au parti le plus largement représenté à l’Assemblée Nationale, il n’est en rien ni explicable ni justifiable d’imposer à ce parti un choix prédéfini.

Quant au renforcement du rôle de cette institution sur le plan politique, pour le plus grand bien de la démocratie, quant à l’accroissement de ses moyens matériels pour lui permettre à elle, comme aux partis qui la composent de jouer pleinement le rôle que confère l’Article 11 de la Constitution aux partis politiques, il n’en est question nulle part.

Il n’est même pas fait référence au refus obstiné du Pouvoir, de prendre les décrets d’application de la loi créant cette institution, décrets en l’absence desquels, elle se trouve totalement paralysée dans son fonctionnement administratif comme dans ses activités politiques.

Aucune mention non plus du refus du Pouvoir de se conformer aux dispositions pertinentes de la Loi, en ce qui concerne les obligations faites au Président de la République, au Premier Ministre et aux membres du Gouvernement d’instaurer une concertation périodique régulière avec cette Institution.

III. « Code électoral »

3.1 La CENI :

L’effort fait pour rendre la CENI indépendante n’est qu’apparent, puisqu’à côté de la CENI , est créée une Direction Générale des Services d’Appui au Processus Electoral (DGPE) dépendant du Ministère de l’Intérieur « regroupant tous les services et structures administratifs intervenant dans l’organisation des élections » ; cette direction générale est « en charge de l’élaboration et de la conservation du fichier électoral (recensement électoral, analyse, information nominative sur chaque électeur…) ».

Quand on sait que l’établissement du fichier électoral a, de tout temps, été pour l’Administration l’occasion de tous les tripatouillages, on se demande en quoi l’établissement par la CENI de la liste électorale sur la base d’un tel fichier, que la CENI est, dans la pratique, obligée de valider faute de pouvoir le vérifier à la source, on se demande en quoi cela offre la moindre sécurité aux partis politiques en compétition.

Analyse et Commentaire des Résultats du dialogue intervenu du 17 Septembre au 19 Octobre 2011 entre la Majorité Présidentielle et Trois des Partis de la COD

On se demande également quelle autorité et quelle « force de résistance » contre les manipulations habituelles de notre administration, traditionnellement inféodée aux pouvoirs dictatoriaux, peuvent développer les sept membres du Directoire de la CENI, face à la puissance politique et matérielle de l’Etat, incarnée dans une Direction Générale des Services d’Appui au Processus Electoral (DGPE), laquelle, en plus, est conjointement responsable avec la CENI de l’élaboration du cahier des charges sur la base duquel est commandé le matériel électoral (urnes, encre, bulletins de vote, enveloppes, etc…).

On le sait par l’expérience, la livraison, la réception, l’entreposage et l’acheminement du matériel électoral vers les bureaux de vote, toutes choses théoriquement de la responsabilité de la CENI, se feront, en réalité au bon gré de l’Administration.

Du reste, le Pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz nous a montré, à l’occasion de l’élection présidentielle de Juillet 2009, le peu de cas qu’il fait des engagements souscrits dans ce domaine vis-à-vis de l’opposition nationale et de la communauté internationale réunies.

Notre objectif quant à nous, est que la CENI soit non seulement indépendante mais également souveraine, par une réforme globale de tout le système étatique et que nous arrivions un jour à vivre sous l’empire d’une administration professionnelle et neutre, au point de nous passer de structures d’exception comme les commissions nationales électorales, en usage dans les pays encore en apprentissage démocratique.

En attendant, la réforme de la CENI est une nécessité, mais une nécessité indissociable de la réforme globale de tout notre système de gouvernance et que nos partis sont décidés à imposer.

3.2 Modalités électives :

Sous ce titre, le document final du dialogue présente un ensemble de mesures de toutes natures et de tous genres qui se résument à un retour sans nuances aux lois et règlements en usage sous les régimes antérieurs, sans que l’on nous explique l’intérêt de la chose.

Seules nouveautés : le nombre total des députés passe de 95 à 146, sans justifications ni politiques, ni surtout financières ; la possibilité de cumul des mandats ; l’allongement de la durée des sessions parlementaires ; la création, dans le désordre et sans logique, de quelques auxiliaires parlementaire, etc…

Analyse et Commentaire des Résultats du dialogue intervenu du 17 Septembre au 19 Octobre 2011 entre la Majorité Présidentielle et Trois des Partis de la COD

Il reste à vérifier, certaines de ces mesures, comme la proportionnelle, sans changer le fond des choses, peuvent trouver leur justification car elles pourraient se traduire par une diversification de la représentation nationale.

Pour nos dix partis et mouvement, le Code Electoral doit être établi par considération de la refonte globale du système étatique et en harmonie avec les réformes de fond apportées à celui-ci.

Il ne peut être établi par tâtonnement et comme par jeu, car la chose requiert une expertise avérée et une vision d’ensemble que seul peuvent avoir les spécialistes dans ce domaine.

C’est dire donc que son établissement doit être consécutif à la définition des grands choix constitutionnels et par prise en considération de nombreux paramètres dont les moindres ne sont pas la sociologie du peuple, la répartition démographique des habitants et leur localisation géographique par un découpage électoral logique, les contraintes économiques et financières, etc…

IV. « Alternance pacifique au pouvoir et place et rôle de l’Armée »

La prévention des changements anticonstitutionnels de régimes semble n’être ici évoquée que pour pérenniser la présence de Mohamed Ould Abdel Aziz à la tête de l’Etat ;ses collègues militaires sont prévenus ( à bon entendeur salut!) que la tradition des putschs militaires dont notre armée détient le triste record en Afrique et dans le Monde Arabe, est désormais proscrite.

Les partenaires au dialogue et le « démocrate » Aziz, lui-même, doivent pourtant se rappeler qu’il fût l’auteur officiel et public de deux coups d’état (2005 et 2008) et qu’entre ces deux dates, il manigança en sourdine, un coup d’état « constitutionnel ».

Ne convenait-il pas que, sur sa propre proposition, ou sur la demande de ses partenaires au dialogue, le Président, dans le souci de prévenir les révoltes sanglantes et d’asseoir véritablement la démocratie, accepte, soit de quitter pacifiquement le pouvoir en organisant une nouvelle transition, soit, au moins, d’appeler à des élections présidentielles anticipées auxquelles, il s’engage à ne pas participer ?

Nos partis et mouvements sont certes, contre les changements anticonstitutionnels de régime et certains d’entre eux ont déjà proposé de criminaliser cette pratique de manière imprescriptible et d’interdire, à vie, à leurs auteurs et complices toute candidature à un poste électif.

Sans introduire dans une telle disposition, soit constitutionnelles, soit légale, une mesure de rétroactivité, il convenait cependant d’y inclure, non une peine, mais une mesure de nature à sanctionner la présence actuelle à la tête de l’Etat d’un officier « multi putschiste ».

Analyse et Commentaire des Résultats du dialogue intervenu du 17 Septembre au 19 Octobre 2011 entre la Majorité Présidentielle et Trois des Partis de la COD

Par ailleurs, le document final du dialogue n’évoque même pas la réforme des institutions nationales de sécurité, alors que la prévention des changements anticonstitutionnels passe aussi par la réorganisation de l’institution militaire (suppression du BASEP) et la redéfinition de la place et du rôle de l’Armée et des Fores de Sécurité sur l’échiquier national.

V. « Bonne gouvernance et neutralité et professionnalisme de l’Administration »

En matière de professionnalisme, les trois seules phrases du document final évoquent la « promotion interne », la « séparation des fonctions d’ordonnateur et de comptable » et le bénéfice de « certains avantages » pendant une durée « minimale » au profit du « personnel ayant occupé de hautes fonctions ».

Telles sont les mesures proposées par le « Dialogue National » en matière de réforme globale et exhaustive de notre système administratif ; alors que celui-ci souffre, on le sait, de dysfonctionnements structurels, de manque de vision à moyen et long terme, d’absence de capacités de régulation par l’ information interne, l’analyse et le suivi de défaut de cohérence des lois et règlements au regard de la Constitution pluraliste,et, enfin de l’inexistence, en ce qui concerne les personnels, d’une politique avisée de gestion des carrières, d’utilisation rationnelle des compétences, de motivation des agents par la rémunération, la récompense du mérite et la sanction des fautes. Aucun souci donc, de faire de notre administration une administration de développement.

Quant à la garantie de l’indispensable neutralité politique de l’Etat, de celle des autorités territoriales ; des hauts fonctionnaires de l’Etat, des responsables des établissements publics et sociétés d’Etat, il n’en est pas question sous ce titre.

C’est à ce niveau pourtant que se pose le délicat problème du bon fonctionnement d’un Etat impartial au service de tous d’une part et, d’autre part, de l’égalité réelle des chances dans les compétitions électorales, et, ceux, quelle que soit la proximité des uns et des autres au pouvoir en place.

VI. « Défis sécuritaires et lutte contre le terrorisme »

Ici, le « Dialogue National » s’en tient aux formules vagues, maintes fois ressassées, et qui n’avancent en rien le sujet par rapport à une question aussi importante que la lutte contre le terrorisme, lequel constitue une réelle menace pour notre pays, ses habitants et ses hôtes.

Rien non plus relativement à la guerre aventuriste imposée à nos soldats au péril de leur vie, guerre dont les considérations d’ordre national ne semblent pas être le prétexte ou la justification, ni relativement à l’intervention armée en territoire étranger sans autorisation du Parlement ni de la formalisation d’une concertation continue avec la représentation nationale, les partis politiques et la société civile, dans un domaine qui entraîne pourtant la perte quotidienne de vies humaines et expose notre pays à des dangers dont le pouvoir ne semble pas avoir mesuré la portée ni les conséquences sur la sécurité de nos concitoyens et à terme, sur la survie de notre pays.

                                                              o-o-o-o-o-o-

En conclusion, et comme nous l’avions pressenti dès le départ en refusant de participer à un dialogue sans préalables et sans portée de nature à rendre possible une alternance pacifique au pouvoir, nous venons d’assister à un nouveau « leurre » organisé par le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz, leurre destiné, comme ce fût le cas pour l’Accord de Dakar, à piéger l’opposition, et cette fois-ci à la diviser et à la discréditer ; à tromper une opinion publique, dans sa grande majorité déçue par le populisme et la démagogie du Pouvoir ; à induire en erreur une Communauté Internationale qui manque souvent d’une suffisante et correcte appréhension des réalités de la chose publique nationale, et dont les préoccupations premières se situent, de toute façon, ailleurs qu’en Mauritanie.

Du reste et au vu de l’expérience récente, quel crédit accorder aux résultats, quels qu’ils soient, d’un dialogue dont la traduction en actes reste du ressort exclusif du pouvoir en place ?

Les dix formations, actuellement constitutives de la COD, en tirant ces conclusions expriment leur détermination :

1.à contenir, comme ils l’ont toujours fait, leur activité d’opposition dans le cadre de la légalité et sous l’égide de la démocratie et des principes qui en découlent ;

2. à exprimer leur solidarité totale avec le peuple, par la prise en compte de ses soucis et de ses peines et la défense de ses intérêts par tous les moyens. Dans le même temps nous appelons ce peuple à mesurer les dangers qui menacent le pays et à se mobiliser pour faire obstacle à la dictature et à la gabegie.

3. à développer pacifiquement, une opposition déterminée et multiforme pour qu’intervienne dans notre pays un changement propice à l’enracinement de la démocratie, à l’instauration de l’Etat de Droit, au développement économique, social et culturel, dans l’unité de la Nation, la cohésion sociale et la paix civile ;

4. à appeler la Communauté Internationale, signataire et moralement garante de l’Accord de Dakar, à aider notre pays politiquement et économiquement afin qu’il surmonte la crise grave et multidimensionnelle dans laquelle il se trouve empêtré par la faute de ses dirigeants actuels.

Fait à Nouakchott, le 12 Novembre 2011

Communiqué du conseil des ministres du 10 novembre 2011

Le Conseil des Ministres s’est réuni Jeudi 10 Novembre 2011 sous la Présidence de son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République. Le Conseil a examiné et adopté le projet de loi suivant :

– Projet de loi portant extension du régime d’assurance maladie institué par l’ordonnance n° 2005-006 du 29 septembre 2005 aux employés des sociétés privées, aux journalistes de la presse indépendantes et à d’autres groupes professionnels.

Le présent projet de loi rentre dans le cadre de l’élargissement progressif du champ de couverture du régime d’assurance maladie par la Caisse Nationale d’Assurances Maladie (CNAM) au profit de plusieurs catégories professionnelles comme les salariés des collectivités locales et leurs établissements publics, les personnes exerçant des professions libérales, les salariés et titulaires des pensions du secteur privé et des Associations de droit privé et autres organisations de la société civile, les journalistes et les travailleurs indépendants.

Le Premier Ministre a présenté une communication sur l’état d’avancement des travaux du Comité Interministériel chargé de la mise en place du Programme d’Intervention Espoir 2012. Ce programme devra permettre de soutenir sereinement les populations en vue de faire face au déficit hivernal constaté.

La communication fait ressortir les trois axes d’intervention principaux qui portent respectivement sur l’appui à la sécurité alimentaire, la disponibilisation de l’aliment de bétail et la mise en place de l’hydraulique pastorale dans les endroits ou le besoin se fait sentir.

Dans ce cadre, le Président de la République a donné instruction au Gouvernement en vue d’assurer la bonne exécution dudit programme dans la transparence et la rigueur.

Le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération a présenté une communication sur la situation internationale.

Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication sur la situation du pays.

Catégories :Conseil des Ministres

Le gouvernement serait sur le point d’adopter une loi visant à restreindre les libertés syndicales

Le gouvernement serait sur le point d’adopter une loi visant à restreindre les libertés syndicales

Mais, du côté des organisations syndicales notamment la Confédération Nationale des Travailleurs de Mauritanie (CNTM) et la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM), on ne l’entend pas de cette oreille.

Dans un communiqué conjoint en date du 2 novembre, ces deux organisations sont montées au créneau pour dénoncer la volonté du gouvernement de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf de restreindre les libertés syndicales.

Piquées au vif, la Confédération Nationale des Travailleurs de Mauritanie (CNTM) et la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM) ont immédiatement condamné « cette situation dangereuse qui dénote d’un recul spectaculaire des droits et libertés syndicales » :

Cette modification concernerait certaines dispositions de la loi n°207/71 en date du 05.08.1971 relative à l’exercice du droit de grève des fonctionnaires de l’Etat. La Confédération Nationale des Travailleurs de Mauritanie (CNTM) et la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM) mettent en garde le gouvernement de la Mauritanie sur « grave dérive autoritaire qui ne présage pas un avenir prometteur pour le dialogue entre les partenaires sociaux ».

Entre le gouvernement et les organisations syndicales, la bataille est lancée.

Toute reprise d’article ou extrait d’article devra inclure une référence à www.info2larue.wordpress.com

Catégories :A la Une

Mauritanie: Aminétou Mint El Moktar invite la CADHP à suivre de prés la question de l’enrôlement

Aminétou Mint El Moktar; présidente de l'Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF)

La présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF) Aminétou Mint El Moktar a invité la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), lors de sa 50e session ordinaire à Banjul, du 19 au 21 octobre, à suivre de prés la question de l’enrôlement en Mauritanie. Voici l’intégralité de son intervention :

– Madame la présidente de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples-Honorables Commissaires

– Mesdames et Messieurs les représentants des Etats Africains

– Mesdames et Messieurs les représentants des Institutions Internationales

-Mes chers collègues, responsables Des Organisations de Droits de l’Homme et de la Société Civile

Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un grand honneur de m’adresser à vous à mon nom personnel et au nom de mon organisation Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF), à l’occasion de la 50ème session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

A cette heureuse occasion, je voudrais vous faire part  que dans un pays comme le notre qui a été marqué, dans un passé récent par une politique de massacres et de déportations des milliers de négro- mauritaniens au Sénégal et au Mali dans la violence  la plus atroce. Rappelez-vous que les raisons inavouées étaient le dénie et la privation de la nationalité de centaines de milliers de citoyens négro-mauritaniens.

Nous voudrions devant cette auguste assemblée attirer votre attention sur la manière dont se déroule le recensement et l’enregistrement des citoyens mauritaniens qui rappellent sinistrement les évènements cités plus haut.

En effet, depuis le démarrage de cette opération, nous ne cessons d’exprimer notre préoccupation quant aux conditions dans lesquelles s’effectue le recensement.

Tout d’abord la commission chargée de l’enrôlement à l’état civil a été mise sur place sans tenir compte de la diversité ethnique. Et en son temps nous avions dénoncé que la composition des équipes d’accueil des citoyens ne reflétait guère le caractère de cette Mauritanie multicommunautaire.

En effet, sur les 54 membres qui dirigent aujourd’hui les opérations de recensement, seul quatre négro-Mauritaniens ont été nommés. A cela s’ajoute l’absence des textes clairs et précis expliquant et réglementant le processus d’enrôlement.

En outre, la mise en place de la commission de l’enrôlement n’était pas concertée avec les acteurs locaux,  et les membres qui la composent n’ont aucune expérience ni technicité dans le domaine et ne répond à aucun critère objectif valable pour la maintenir en place.

Pire encore, nous déplorons les pratiques discriminatoires exercées et les questions tendancieuses posées aux citoyens négro-mauritaniens par les agents chargés du recensement à l’encontre des populations.

Les questions qui leurs sont posées ont trait à leur religion, à leur localité d’origine ou à leur arbre généalogie dans le but de contester leur citoyenneté  mauritanienne. Ce qui crée beaucoup de frustrations au sein des populations et conduit les jeunes à manifester pacifiquement dans les rues, dans le cadre du Mouvement de Touche  pas à ma Nationalité. Face a ces frustration, l’Etat n’a de réponse que la répression policière sanglante et meurtrière. Avec une liste de victime qui commence à s’allonger.

On peut citer :

•Le jeune Lamine Mangane  tué par balle  lors d’une manifestation à Maghama par la gendarmerie,

•Ousmane Sow a reçu une grenade à la nuque avec une fracture  de la mâchoire,

•Abdoulaye Djibril Diagana dit Abass qui a été sauvagement battu  par la police,

•El Hadj Ba et Mamadou  M’Baye, blessés chacun à la tête par la police,

•Salif Diakité blessé au ventre suite à des coups de pieds  orchestrés par un groupe de policiers zélés.

Mesdames, Messieurs,

Ces opérations d’enrôlement constituent présentement une atteinte au droit à la nationalité de beaucoup d’enfants dont le seul tort a été d’être né d’un parent étranger ou de femmes mariés. Nous avons le cas d’un malien, père de 8 enfants qui a acquis la nationalité avant de contracter mariage avec une femme mauritanienne et  dont le 1er enfant âgé de 22 ans est en garde à vue au Commissariat I d’El Mina en attendant son rapatriement.

Nous demeurons aussi inquiétés par l’enregistrement à l’état civil des victimes de l’esclavage qui n’ont jamais bénéficiées du recensement et  les enfants abandonnés à la naissance constituent aujourd’hui l’un des points clés qu’il faut prendre en considération.

Sous un autre registre, l’Association des Femmes Chefs de Famille voudrait également attirer l’attention de l’assistance sur la problématique des filles mineures et des femmes victimes de la traite en Arabie Saoudite souvent expulsées de ce pays sans papier.

Nous aimerions donc que le Gouvernement mauritanien facilite l’accès à l’Etat civil de ces enfants donc le droit à la nationalité est inaliénable aux yeux de la Charte Africaines des Droits de l’Homme et des Peuples. Ces enfants issues de femmes mauritaniennes victimes de mariages arrangées avec des saoudiens ne sont pas reconnus par les législations saoudienne et deviennent de facto apatride même si leur mère est mauritanienne et du coup ont des difficultés d’accès à l’éducation faute de papiers d’état civil en arrivent en Mauritanie.

Compte tenu de ce qui précède, notre organisation réitère sa préoccupation par rapport au climat des événements 1989-1991 qui plane aujourd’hui sur notre pays suite à la multiplication des manifestations et la radicalisation d’une jeunesse secouée par l’injustice, les pratiques discriminatoires et le vent du printemps arabe en vogue

Aujourd’hui il est de l’intérêt de tous les mauritaniens que les auteurs des violations des droits de l’homme soient poursuivis et jugé pour que ce genre d’acte ne se répète plus dans notre pays.

Enfin l’Association des Femmes Chefs de Famille recommande :

-la dissolution immédiate de la commission chargée de l’enrôlement à l’état civil et  l’implication de tous les acteurs concernés sur la base des critères de compétences bien définis en tenant compte du paysage communautaire  mauritanien.

-La mise en place d’un comité de suivi composé des spécialistes de l’enrôlement et assisté par des experts internationaux. Ce comité doit s’inspirer de l’expérience des différents recensements qui ont eu lieu en Mauritanie particulièrement celui du RANVEC.

-Nous réitérons également notre demande à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de suivre de près cette question d’enrôlement à l’état civil qui peut mettre en cause la stabilité et la cohésion sociale en Mauritanie.

Mais aussi eu égard aux événements de 1989, de veiller à la mise en œuvre effective de ses recommandations pertinentes sur la Mauritanie contenue dans la compilation des décisions d’Alger 2000.

-Nous sommes préoccupés Madame la présidente, honorables commissaires par le caractère incomplet de la mise en œuvre des recommandations concernant la Mauritanie et demandons, conformément à l’article 112 des règles de procédure qui donne mandat a la Commission que le suivi des recommandations de 2000 soit effectués afin que l’Etat mauritanien se conforme a l’esprit et a la lettre de la Charte Africaine des Droit de l’Homme et des Peuple dont nous venons de célébrer les trente ans.

Je vous remercie

Toute reprise d’article ou extrait d’article devra inclure une référence à www.info2larue.wordpress.com

Catégories :A la Une

Communiqué du conseil des ministres du 3 novembre 2011

Le Conseil des Ministres s’est réuni Jeudi 03 Novembre 2011 sous la présidence de son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République. Le Conseil a examiné et adopté les projets de décrets suivants :

– Projet de décret complétant certaines disposition du décret n° 2009-130 /PM/MS/MF modifiant et complétant certaines dispositions du décret n° 2006-003/ PM portant modification de la valeur d’indice, augmentation forfaitaire au profit des catégories C et D, abrogation et modification de certaines disposition du décret n° 99-01 du 11 janvier 1999.

Le projet de décret vise à permettre aux enseignants hospitalo-universitaires exerçant dans des structures sanitaires de conserver la prime de risque dont ils bénéficiaient eu égard à leur exposition aux mêmes risques de maladies contagieuses que les autres spécialistes.

– Projet de décret portant création de nouvelles charges notariales et fixant leur ressort territorial. Le projet de décret vise à créer de nouvelles charges notariales dans le but d’alléger la pression existante et d’élargir l’accès des usagers au service notarial.

– Projet de décret portant approbation du contrat d’exploration-production signé le 27 octobre 2011 sur le bloc C-10 du bassin côtier entre l’Etat et certaines sociétés dont l’opérateur est Tullow Mauritania Limited;

– Projet de décret portant approbation de l’avenant au contrat de partage de production du 6 juin 2006 portant sur la zone B des blocs en eaux profondes 4 & 5, signé le 27 octobre 2011 entre l’Etat et certaines sociétés ;

– Projet de décret portant approbation de l’avenant au contrat de partage de production du 6 juin 2006 portant sur la zone A du bloc 3 et des blocs en eaux peu profondes 4 & 5, signé le 27 octobre 2011 entre l’Etat et certaines sociétés ;

Les trois projets de décrets ci-dessus portent respectivement sur la régularisation et l’approbation d’un contrat d’exploration-production et de deux avenants à contrats de partages avec certaines sociétés pétrolières.

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°815 pour les substances du groupe 2 (Or et substances connexes) dans la zone de Maghama (Wilaya du Gorgol) au profit de la société Peaks Metals Mining & Technology.Co ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1160 pour les substances du groupe 2 (Or et substances connexes) dans la zone de Hadeibet Nsil (Wilaya de Dakhlet Nouadhibou) au profit de la société Drake Ressources Ltd ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1175 pour les substances du groupe 2 (Or et substances connexes) dans la zone de Tigjarat (Wilayas de l’Adrar et de l‘Inchiri) au profit de la société Négoce International Mining ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1240 pour les substances du groupe 2 (Or et substances connexes) dans la zone de Gleibat Lmhar (Wilaya du Tiris Zemmour) au profit de la société Curve Capital Ventures Ltd ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1324 pour les substances du groupe 2 (Or et substances connexes) dans la zone d’Oued El Gouirat (Wilaya de l’Adrar) au profit de la société Karfahane Co. Limited ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1340 pour les substances du groupe 4 (Uranium et autres éléments radioactifs) dans la zone d’Oummat Chegag (Wilaya du Tiris Zemmour) au profit de la société Orecorp Mauritania Sarl ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1391 pour les substances du groupe 2 (Or et substances connexes) dans la zone de Bir Emebou (Wilaya du Tiris Zemmour) au profit de la société Earthston Ressources Mauritania Sarl ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1395 pour les substances du groupe 2 (Or et substances connexes) dans la zone d’Achguig (Wilaya du Tiris Zemmour) au profit de la société Earthston Ressources Mauritania Sarl ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1436 pour les substances du groupe 3 (Tourbe et autres éléments combustibles fossiles) dans la zone de Tiguinte (Wilaya du Trarza) au profit de la société Négoce International Mining;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1439 pour les substances du groupe 2 (Or et substances connexes) dans la zone de Tijraj Sud (Wilayas de l’Adrar et de l‘Inchiri) au profit de la société Tafoli Minerals Sarl ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1465 pour les substances du group 1 (Fer et substances connexes) dans la zone de Metairat (Wilaya du Guidimagha) au profit de la société ES. Minerals Mauritania Sarl ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1477 pour les substances du groupe 1 (Fer et substances connexes) dans la zone Ould Hjour (Wilaya de l’Adrar) au profit de la société ES. Minerals Mauritania Sarl ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1480 pour les substances du groupe 1 (Fer et substances connexes) dans la zone de Tijania (Wilayas de l’Assaba et du Gorgol) au profit de la société ES. Minerals Mauritania Sarl ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1491 pour les substances du groupe 4 (Uranium et autres éléments radioactifs) dans la zone de Khoula (Wilaya du Hodh El Charghi) au profit de la société Général Minière Mauritanienne.

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1509 pour les substances du groupe 4 (Uranium et autres éléments radioactifs) dans la zone d’Oumou Tyour (Wilaya de l’Inchiri) au profit de la société Mauritania Energy Minerals Sa ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1510 pour les substances du groupe 4 (Uranium et autres éléments radioactifs) dans la zone de Khatt Eizzene (Wilaya de l’Inchiri) au profit de la société Mauritania Energy Minerals Sa ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1564 pour les substances du groupe 1 (Fer et substances connexes) dans la zone de Medinet El Aouat (Wilaya de l’Inchiri) au profit de la société Pacific Andes Ressources Développement Limited ;

– Projet de décret accordant le permis de recherche n°1565 pour les substances du groupe 1 (Fer et substances connexes) dans la zone de Steilet Yati (Wilayas de Dakhlet Nouadhibou de l’Inchiri) au profit de la société Pacific Andes Ressources Développement Limited ;

– Projet de décret portant nomination du Président du Conseil d’Administration de l’Ecole Normale Supérieure de Nouakchott.

– Projet de décret portant nomination du Président du Conseil d’Administration de l’Institut Supérieur de la Comptabilité et de l’Administration des Entreprises.

– Projet de décret portant nomination du Président du Conseil d’Administration de l’Ecole Normale des Instituteurs de Nouakchott.

Le Président de la République a réitéré ses instructions au Gouvernement afin d’accorder une priorité totale au renforcement des capacités en équipements techniques et en ressources humaines des Centres d’Accueil des Citoyens (CAC) en charge du processus d’enrôlement en cours et ce dans la plus grande transparence.

Par ailleurs, le Président a engagé le Gouvernement à prendre toutes les dispositions nécessaires en vue de la mise en place de mécanismes d’assainissement du secteur foncier afin de mettre un terme à la spéculation existante notamment dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme de restructuration et de modernisation de nos villes.

Le Premier Ministre a présenté une Communication relative aux activités de la commission de suivi du Dialogue National, ainsi que celle du comité interministériel chargé de l’évaluation de la situation agro pastorale. La communication a porté également sur les préparatifs de la tenue dans les jours qui viennent des Etats Généraux de l’Education.

Le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération a présenté une communication sur la situation internationale.

Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication sur la situation du pays.

Le Ministre de la Santé a présenté deux communications dont l’une est relative à la mise en oeuvre du Règlement Sanitaire International (RSI 2005) et l’autre sur la situation sanitaire dans le pays durant la période allant du 1er Septembre au 1er Octobre 2011.

Enfin le Conseil a pris les mesures individuelles suivantes :

Ministère d’Etat à l’Education Nationale, à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche Scientifique

Cabinet du Ministère Déglué chargé de l’Enseignement Secondaire

– Chargé de mission : Soumaré Oumar, Professeur
– Conseiller technique : Moulaye Oumar Ould Mohamdi, Conseiller Pédagogique (IPN)

Administration Centrale
Direction du Patrimoine et de la Maintenance
– Directeur : Valy Ould Najem, Précédemment chef de service au même Ministère

Direction de la Promotion de l’Enseignement Privé :
– Directeur , Abidine Ould Levrak, précédemment Directeur chargé du Privé au Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle

Direction de l’Enseignement Fondamental
– Directeur Adjoint : Taher Ould Ahmed, Inspecteur de l’enseignement fondamental

Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération

Cabinet du Ministre
– Chargé de Mission : Sid’Ahmed Ould Hdhana, inspecteur des Postes
– Conseiller Juridique: Cheibanie Ould Mohamed Abdellahi,
– Inspecteur : Mohamed Lemine Ould Mohamed Ali, Conseiller des Affaires Etrangères

Attachées de Cabinet :
– Fatmetou Mint Talhata dite Vattame, titulaire d’une maîtrise en droit Public
– Fatimetou Mint Ahmed Aide précédemment Attaché au Protocole

Administration Centrale

Direction des Affaires du Maghreb Arabe
– Directeur Adjoint : Mohamed Bambe Ould Sidi, précédemment Chef de Service du Maghreb Arabe dans le même direction.

Direction des Affaires Administratives et Financières
– Directeur Adjoint : Mohamed El Moctar Ould Beddah, précédemment Chef de Service du Patrimoine.

Direction des Mauritaniens à l’Etranger et des Affaires Consulaires
– Directeur Adjoint : Cheick Ahmed Ould Adebe dit Damy, précédemment Chef de Service des Mauritaniens à l’Etranger.

Direction de la Communication et du Porte Parole:
– Directeur Adjoint : Moctar M’babe Ould Zeidane, précédemment Chef de Service de la Communication.

Ministère Délégué auprès du Premier Ministre chargé de l’Environnement et du Développement Durable
Administration Centrale

Directeur de la Protection de la Nature
– Directeur, Boubacar Diop, précédemment Directeur Adjoint du Contrôle Environnemental au Même Ministère:

Toute reprise d’article ou extrait d’article devra inclure une référence à http://www.info2larue.wordpress.com

Catégories :Conseil des Ministres

Ce que je pense du président de l’IRA Biram Ould Dah Ould Abeid

Birame Ould Dah Ould Abeid, président de l'IRA-Mauritanie

La rencontre du président de l’IRA Monsieur Biram ould dah ould Abeid, lors de sa conférence tenue durant son séjour à Washington, nous a permis de mieux le connaitre.

Contrairement au cyclone d’allégations médiatisées qui ont toujours tendance à nuire à sa personne en l’incriminant d’incitateur à la violence et à la guerre civile, j’ai découvert une personne qui porte un message plein de vérités.

La force de ce message porte aux réflexions les plus profondes. Sa  théorie dans le combat pour la conquête de la justice, les possibilités d’émancipation contre les inégalités ethniques et sociales et l’éradication du phénomène de l’esclavage, aide l’interlocuteur à ouvrir son esprit aux réalités sociales, politiques et économiques du pays.

Les rideaux sont, alors, tombés avec sa démarche pour la déconstruction nécessaire du système des valeurs, sa façon de toucher directement aux sujets tabous.

Je juge nécessaire de rectifier le tir avant qu’il ne soit trop tard. Les inégalités et les disparités inconcevables et inadmissibles dont est  victime la communauté hratine a la quelle j’appartiens, sont aussi flagrantes qu’on ne saurait plus garder silence.

Nul n’ignore que l’accès aux promotions et aux fonctions de l’Etat, comme aussi aux richesses du pays, ne relève pas de critères limpides permettant à toutes les composantes d’avoir les mêmes chances, dont la finalité serait de faire respecter la dignité de chacun et d’organiser le bien commun au profit de tous.

Nous avons subi toute sorte d’injustice et de discrimination a grande échelle, et tolérer notre confinement aux besognes laborieuses et parmi les plus dégradantes car, Les promotions restent déterminées selon un système de propension marginaliste, népotiste et tribaliste fortement enraciné dans notre pays. Ce qui provoque l’enrichissement et l’ascension notoires d’une partie de la communauté, la paupérisation et la rétrogradation d’une autre, considérée comme basse classe.

 C’est dans cet esprit que le président de l’ira oriente quelques rayons de sa lutte qu’il prône pacifique et inébranlable, la quelle, un jour fera croiser les chemins de tous ceux qui aspirent aux idéaux de la liberté,  de justice et de démocratie ; une défense inflexible se constituera contre toutes les formes d’oppression liées a l’esclavage et a l’injustice sociale pour une action collective qui permettra d’obtenir, notamment grâce à un rapport de force plus favorable, la correction de ces injustices.

La Mauritanie a une superficie qui fait deux fois la France et l’on continue à parler d’expropriation de terrains, des sans abri et des kebbas. La Mauritanie est pleine de ressources naturelles alors que la pauvreté s’accentue de jour au jour.

Enfin la Mauritanie a besoin de tous ses fils en dehors de toute autre considération d’ordre politique ou sociale, en dehors du principe de deux poids deux mesures qui ne servira pas notre pays car c’est juste un moyen d’exclusion et d’anéantissement de compétences nationales.

Ahmed Ould Jafar depuis Washington DC (USA)

Toute reprise d’article ou extrait d’article devra inclure une référence à http://www.info2larue.wordpress.com

Catégories :Contribution