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Adja Bineta Diallo, 18 ans : ‘Mon mari m’a séquestrée pendant trois ans’

Le drame qu’elle a vécu pendant trois ans n’a pas altéré sa voix et son regard innocents. En 2008, à 15 ans, elle se marie à un homme d’une cinquantaine d’années, espérant que leur union allait transformer sa vie.

« On a vécu une semaine. Puis, il a commencé à me frapper. Il le faisait par plaisir, sans aucune raison apparente. J’ai réussi à m’échapper. Pendant quatre mois, j’ai disparu. Je me suis terrée chez une amie. Ma mère n’était pas au courant. Mon mari finira par me retrouver. Il a porté plainte et a soutenu que j’avais fui avec des garçons.

Il me traitera de tous les noms d’oiseau. Je n’ai rien dit. On est parti chez le cadi d’Arafat. Celui-ci a décidé purement et simplement que je retourne chez mon mari. J’étais très loin au bout de mes peines », raconte Adja Bineta Diallo.

Elle poursuit : « Il a commencé à me séquestrer. Cela a duré trois ans. Les fenêtres de la chambre où j’étais enfermée avaient été bloquées par des briques. Il chargera quelqu’un de me surveiller jour et nuit. Il me maltraitait. Je ne mangeais pas. Je restais deux jours sans le voir. Je n’avais pas de téléphone et je ne pouvais rien faire. Puis, je suis tombée enceinte de lui. Malgré mon état, il continuait à me brutaliser. J’ai failli avorter. J’ai réussi à me tirer d’affaire grâce à mon accouchement ».

Son enfant, un garçon, est aujourd’hui âgé de deux mois et est confié à sa grand-mère maternelle qui est venue l’accompagner à l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF). Depuis son accouchement, Adja Bineta Diallo a refusé de retourner chez son mari. Selon ses déclarations, son mari aurait menacé ses parents de mort. « Il me terrorise. Je ne le supporte plus. Je n’ai plus envie de le voir ni de vivre avec lui », dit-elle.

Pour la présidente de l’AFCF Aminétou Mint El Moctar, la situation d’Adja Bineta Diallo n’est que l’arbre qui cache la forêt et illustre parfaitement les souffrances de ces filles qui sont maltraitées malgré elles.

« La majorité des jeunes filles se marient très jeunes. Elles rencontrent souvent des problèmes avec leurs conjoints, leur belle-famille, la police et la justice. Elles subissent des maltraitances, des tortures. Elles ne savent pas où aller. Quand elles partent voir la justice ou la police, elles sont immédiatement remises à leurs maris qui les violentent. On interdit à leurs parents d’avoir des contacts avec elles.

Elles sont séquestrées par des maris vicieux qui cherchent toujours à s’accaparer d’elles. Ceci est contraire à l’esprit des comportements qu’il faut avoir à l’égard des enfants, aux droits de l’Homme, à la dignité de la femme qui a droit à sortir, à étudier, à avoir une certaine liberté… »
, a affirmé Aminétou Mint El Moctar.

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